Quatre jeunes qui avaient peint sur le mur du consulat britannique à Istanbul un graffiti de Banksy dénonçant les poursuites engagées par la justice britannique contre le groupe Palestine Action ont été acquittés dans le procès où ils étaient accusés de « dégradation de biens ». Le 54ᵉ tribunal correctionnel d’Istanbul a rendu sa décision le 15 octobre 2026.

Les jeunes et leurs avocats après l’audience

L’accusation

Les jeunes ont été interpellés à l’aube du 6 janvier 2026 alors qu’ils peignaient le graffiti de Banksy sur le mur du consulat général britannique, avenue Meşrutiyet, à Beyoğlu. Le jugement motivé reprend en ces termes l’acte d’accusation du parquet général d’Istanbul :

Par l’acte d’accusation du parquet général d’Istanbul en date du 16/04/2026, examen d’acte d’accusation n° 2026/191, enquête n° 2026/2962, acte d’accusation n° 2026/13168 : le 06.01.2026 vers 04 h 30, lors d’une patrouille devant le consulat britannique, avenue Meşrutiyet à Beyoğlu, des suspects au visage masqué ont été vus en train d’écrire et de peindre sur le mur du consulat et de semer le désordre aux alentours, à la suite de quoi les équipes de police sont intervenues et une enquête a été ouverte ;

Le dossier étant apprécié dans son ensemble, il est établi par le procès-verbal d’analyse des images que le 06.01.2026 vers 04 h 30, devant le consulat britannique situé avenue Meşrutiyet à Beyoğlu, les suspects au visage masqué ont dégradé le mur du consulat en le salissant d’inscriptions et de peinture ; que les suspects ont reconnu leurs actes et sont passés aux aveux ; qu’il est établi que les suspects, agissant ensemble, ont endommagé la façade de l’immeuble ; qu’en l’espèce, le lieu endommagé étant la représentation diplomatique d’un État étranger, il doit être considéré comme un lieu affecté au service public ; que l’acte constitue dès lors la forme aggravée du délit de dégradation de biens au sens de l’article 152/1.a du Code pénal turc n° 5237 ; que l’acte ayant été commis conjointement par plusieurs personnes, les dispositions relatives à la complicité doivent être appliquées ; que les enregistrements des caméras, les procès-verbaux d’interpellation et les déclarations des suspects concordent et que l’infraction est établie ; qu’il existe ainsi des preuves suffisantes, concrètes et certaines que les suspects ont commis l’infraction qui leur est reprochée, justifiant l’engagement de l’action publique,

Il est requis, au nom de la société, que les suspects soient jugés par votre tribunal et, si l’infraction est établie, CONDAMNÉS en vertu des articles de renvoi susmentionnés ; qu’ils soient privés des droits et facultés prévus à l’article 53/1 du Code pénal turc ; et que les objets placés sous scellés judiciaires sous le n° 2026/2664 soient confisqués en application de l’article 54 du Code pénal turc.

La décision

Le procureur a lui aussi requis l’acquittement des jeunes. Le tribunal a jugé que la peinture appliquée sur le mur n’était pas d’une gravité suffisante pour constituer le délit de dégradation de biens et a prononcé l’acquittement des quatre jeunes.

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